Œuvre et Perspectives

Extrait de livre de Vlassios Phidas1

Durant les dix-neuf premières années d’activité de l’Institut (1997–2016), le Comité scientifique a choisi cent septent-sept étudiants titulaires d’une licence dont cent trois ont déjà obtenu leur diplôme2 de spécialisation en théologie orthodoxe, prévoyant la soutenance d’une mémoire devant un comité de trois membres, composé de professeurs de l’Institut, et des Facultés de Fribourg et de Genève. Ceux parmi les étudiants qui n’ont pas encore terminé leur travail scientifique poursuivant leur recherche sur le thème choisi. Un délai raisonnable, qui ne peut excéder le double de la durée normale des études, leur est imparti pour soutenir leur mémoire.

Le Master of Arts en études théologiques (spécialisation: orthodoxie et études interchrétiennes) est ecclésialement validé par une Patente que Sa Sainteté le Patriarche œcuménique décerne à chaque diplômé. Il importe de noter qu’à l’issue du premier cycle d’études (1997–1999), un des travaux scientifiques agrées a reçu le prix du meilleur travail scientifique selon les critères universitaires stricts, valables en Suisse. Ceux qui ont reçu leur MA, sont engagés par les Églises orthodoxes locales en qualité de cadres supérieurs et contribuent à la promotion des relations interorthodoxes et interecclésiales. Ceux qui remplissent les conditions scientifiques peuvent poursuivre leur recherche à l’Institut, en collaboration avec les Facultés de théologie de Fribourg et de Genève pour présenter une thèse de doctorat. Dix étudiants appartiennent déjà à cette catégorie.

L’Institut n’a manifestement pas, pour seule mission, de suivre la procédure universitaire stricte du programme d’études, puisque sa relation institutionnelle avec la Faculté catholique romaine de Fribourg et la Faculté protestante de Genève ouvre de nouveaux et larges horizons au dialogue théologique, engagé dans ce grand centre des Organisations interecclésiales et du Mouvement œcuménique. Les professeurs de l’Institut participent à des colloques scientifiques ou à des programmes d’études spéciaux en y présentant des exposés ou une série de conférences. Ceux-ci sont organisés en collaboration avec d’autres établissements universitaires en Europe occidentale. Ils sont destinés à mettre en relief tant la position de l’orthodoxie à l’égard du dialogue œcuménique pour l’unité des chrétiens que ses propositions sur des questions d’actualité préoccupant les Églises.

Parallèlement, les étudiants participent à ces activités de l’Institut, ainsi qu’à d’autres manifestations organisées par le Conseil Œcuménique des Églises (COE) et la Conférence des Églises Européennes (KEK). Ces organisations ont leur siège à Genève et fournissent des occasions de suivre de près les courants contemporains du Mouvement œcuménique. Dans ce contexte l’Institut illustre sa présence académique et ecclésiale grâce à la collection Analecta Chambesiana, publiée en plusieurs langues. Cinq ouvrages y ont déjà paru. La collection connaît un grand retentissement tout à la fois auprès de l’Église orthodoxe et des autres Églises chrétiennes.

Par conséquent, les perspectives de l’Institut sont déterminées par le Patriarcat œcuménique qui, dans sa grande sensibilité spirituelle, a pris l’importante décision d’ajouter aux principaux buts de Centre orthodoxe celui de créer l’Institut. D’orientation œcuménique, celui-ci a réellement un grand retentissement dans la chrétienté occidentale et il a ouvert de nouveaux domaines permettant à l’orthodoxie de développer le dialogue théologique constructif avec es traditions chrétiennes de l’Occident. Durant les dix-neuf premières années de son activité (1997–2016), le témoignage de l’orthodoxie a coïncidé avec les quêtes interchrétiennes manifestes. Cela a été une rencontre enthousiaste qui a produit au centuple les résultats initialement escomptés.

Dans ce sens, sa consécration, dans le monde théologique exigeant de l’Occident, présuppose de sa part un effort soutenu, destiné tant à étayer son témoignage sur le développement de la recherche qu’à répondre valablement à ceux, toujours plus nombreux, qui demandent à écouter la parole de l’orthodoxie. En mai 2012, la réforme des études en accord aux principes énoncés dans la Déclaration de Bologne (1999) a aidé l’Institut de se développer, de façon à mieux contribuer aux aspirations théologiques de la chrétienté occidentale, « afin qu’il n’y ait pas de philosophie sans vie commune ni de vie active sans philosophie », comme dit saint Grégoire le Théologien.

  1. PHIDAS Vlassios, L’Institut d’Études Supérieures en Théologie Orthodoxe dans Centre Orthodoxe du Patriarcat Œcuménique, «Chambésy Genève. 35 ans au service de l’Église et de la Théologie Œcuménique», Epimelia S.A., Athènes 2003, p. 161-163.
  2. Jusqu’au 2011 les diplômés de l’Institut étaient titulaires de Certificat de spécialisation en théologie orthodoxe. Suite au renouvellement, en mai 2012, de la Convention de l’Institut avec l’Université de Fribourg, selon les normes académiques de la Déclaration de Bologne, nos diplômés sont titulaires de Master of Arts en études théologiques (spécialisation: orthodoxie et études interchrétiennes).