Voyage des étudiants de Chambésy au Monastère de Bose (Italie)
La première semaine de carême - du 6 au 10 mars dernier – les étudiants de l’Institut visitèrent le Monastère de Bose en Italie. Rejoint par un petit groupe de trois aventuriers partis à la conquête de Rome quelques jours avant, l’équipe au complète mené par M. Gary Vachicouras, découvrit avec stupeur la beauté virginale des montagnes enneigées faisant face au Monastère.
Notre emploi du temps nous baladait entre prière commune (trois fois par jour) et rencontre avec les frères et sœurs nous entretenant de la fondation et formation de la communauté, de la perspective originale qu’insuffla le Père fondateur Enzo Bianchi à sa synodie « œcuménique ».
Parmi les grands moments d’échanges qui ont marqué notre voyage, les repas partagés avec différents membres de la communauté nous permirent de casser la glace d’un dialogue plus académique afin d’échanger avec joie les expériences du monachisme occidental et de l’orthodoxie. Les propos du Frère Marco concernant la Lectio Divina, c'est-à-dire une sorte d’exégèse scripturaire comme fondement de la prière, furent illustrés par un temps passé en présence du Frère Savino qui nous présenta la profondeur spirituelle du récit de l’onction de Béthanie (Mc 14, 3-9).
Notre séjour fut aussi complété par une excursion à Turin encore parée des décorations à l’occasion des Jeux Olympique d’hivers qui venaient de prendre fin. Le point central de notre visite fut celle de l’Eglise de la Vierge Consolatrice, où les étudiants entonnèrent un hymne à la Mère de Dieu dans ce sanctuaire accueillant plusieurs centaines de milliers de pèlerins chaque année.
Le vendredi, après un au revoir très touchant de quelques frères et sœurs de la communauté, nous avons pris le chemin du retour en passant quelques heures à découvrir Milan, avant notre destination finale que fut Genève.
Il convient pour finir de remercier une nouvelle fois la communauté de Bose, car l’accueil qui nous fut prodigué, toucha nombre d’entre nous. Après un tel voyage, l’œcuménisme prend un autre sens. Il passe par une connaissance approfondie de l’autre dans un esprit de joie face à la découverte du prochain tout en approfondissant l’expérience de notre propre tradition.
Nicolas Kazarian
Visite officielle à Rome de l’Institut d’études supérieures en théologie orthodoxe auprès du Centre orthodoxe du Patriarcat œcuménique du 24 au 30 juin 2004
Allocution de Son Excellence l'évêque Makarios de Lampsaque lors de l'audience privée accordée par sa sainteté le Pape Jean Paul II le 29 juin 2004
Sainteté,
Je vous adresse les salutations chaleureuses du Centre orthodoxe de Chambésy et de l’Institut d’études supérieures en théologie orthodoxe, à l’occasion de leur visite d’information à Rome qui a lieu lors de la visite de Sa Sainteté le patriarche œcuménique Bartholomaios 1er.
Cet honneur coïncide avec le 40e anniversaire de la rencontre officielle, à Jérusalem, du Pape Paul VI et du Patriarche œcuménique Athénagoras, tous deux de bienheureuse mémoire. Cela révèle la force que le dialogue de charité puisse avoir pour accomplir notre espérance autour de la Table du Seigneur.
Nous participons à cet honneur avec des sentiments de gratitude, car Votre Sainteté, selon l’ancienne tradition de l’Église qui « préside dans la charité », a cerné et présenté, en paroles et en actes, l’importance de la mission confiée au Centre orthodoxe ; importance tout à la fois pour l’Église orthodoxe et pour le dialogue œcuménique actuel destiné à l’unité des chrétiens. Les paroles que Votre Sainteté a prononcées lors de sa visite au Centre orthodoxe, le 12 juin 1984, ont renforcé les perspectives œcuméniques du Centre qui, comme vous l’aviez souligné, « par ses diverses activités, assure un service fraternel en faveur de toutes les Églises orthodoxes et favorise une meilleure connaissance entre l’Orient et l’Occident. Cette connaissance réciproque est encore à approfondir et à purifier de tout préjugé ou jugement erroné, pour que la vérité nous rende libres. »
Le premier directeur du Centre orthodoxe, Son Éminence le Métropolite Damaskinos, a mis en valeur cette exhortation, car elle concernait la principale tâche du Centre qui, aux termes de la Lettre cachetée de 1975, devait constituer « une pépinière théologique et scientifique dans une perspective œcuménique, capable de former, au degré d’études supérieures, des cadres en provenance de toutes les Églises, spécialisés dans la conduite des dialogues interorthodoxes et interconfessionnels, impliquant une rencontre théologique entre l’Orient et l’Occident. » Dans cet esprit, des Séminaires théologiques annuels ont été organisés (1980-1996). Ils ont ainsi préparé la création de l’Institut d’études supérieures en théologie orthodoxe (1997), avec le généreux appui de la Faculté de théologie de Fribourg, représentée par le révérend professeur Guido Vergauwen, et la coopération empressée de la Faculté autonome de théologie protestante de Genève.
L’Institut fonctionne déjà depuis sept ans (1997-2004). Durant cette période, 71 étudiantes et étudiants s’y sont inscrits, originaires de dix Églises orthodoxes, dont la moitié environ ont déjà reçu leur Certificat de spécialisation en théologie orthodoxe et ils fournissent d’importants services à leurs Églises et au dialogue œcuménique de l’Église orthodoxe avec les autres Églises chrétiennes. Le fait que nos étudiants suivent plus de la moitié des cours obligatoires dans les Facultés de théologie de Fribourg et de Genève, comme Votre Sainteté l’a déjà souligné « prépare une nouvelle génération dans le dialogue et pour le dialogue ». Ce dialogue est d’autant plus nécessaire aux Églises longtemps éprouvées de l’Europe de l’Est. D’ailleurs, parmi ceux qui ont reçu leur Certificat de spécialisation, douze continuent leurs études en vue d’élaborer une thèse de doctorat, en collaboration avec les Facultés de Fribourg et de Genève.
Ce parcours positif serait difficile à réaliser sans l’intérêt personnel sincère que Son Éminence le cardinal Walter Kasper porte à l’Institut. Il le serait sans les bourses d’études, octroyées à nos étudiants par le Comité catholique pour la collaboration culturelle, leur permettant d’approfondir leur connaissance du français. Sous la présidence inspirée de Son Excellence l’évêque titulaire de Thibar, Pierre Duprey, et de son successeur, Mgr Gérard Daucourt, l’Institut profite de l’aide précieuse du Comité, développant ses perspectives d’études. Dans ce sens, c’est pour nous un grand honneur de répondre à l’invitation de visiter ce grand centre de la vie de l’Église. Cette visite évoque pour nous des moments historiques. Elle nous rappelle aussi notre devoir de théologiens de poursuivre le dialogue constructif pour guérir les blessures du passé historique.
La rencontre de Jérusalem a ouvert la voie au dialogue. Nous disons : Axion Esti ! Nous exprimons cette idée par l’icône historique et miraculeuse de la Toute-Sainte Mère de Dieu, grâce à laquelle toutes les divisions du monde ont été guéries, pour que tous soient un, par la confession commune de la foi, devant la Table du Seigneur, à la gloire de Dieu Trin et de Sa sainte Église.