Allocution de la Professeure Dr Elisabeth Gangloff-PARMENTIER, Vice-Doyenne, Représentante de la Faculté de Théologie Protestante de l’Université de Genève

Eminences, Excellences, Révérends Pères, chers et chères collègues, chers étudiants, Mesdames et Messieurs,

En tant que Vice-doyenne de la Faculté de théologie protestante de l’Université de Genève, je vous apporte les salutations du nouveau Doyen Ghislain Waterlot et du Vice-doyen Hans-Christoph Askani (aujourd’hui en conférence à Nice), ainsi que de la part de tous mes collègues. C’est pour nous un honneur et une joie de poursuivre l’amitié œcuménique que partagent nos deux institutions pour le bien de nos étudiants et le rayonnement de la théologie chrétienne dans la diversité de ses facettes.

Je suis arrivée à la Faculté de Genève en août 2015, car j’ai été appelée par le Conseil des enseignants sur la nouvelle chaire de théologie pratique. Et j’ai été très heureuse de découvrir qu’en première année nous accueillons des étudiants de Chambésy chaque année. C’est une grande marque de confiance de l’Institut d’Etudes supérieures de théologie orthodoxe à l’égard de la théologie protestante. Les étudiants orthodoxes apportent à nos étudiant-es, qui ne connaissent que très peu le monde orthodoxe, une connaissance vivante et un témoignage personnel qui les ouvrent au-delà de la perspective réformée. De même j’ai vu que les étudiants orthodoxes profitent aussi de cet apprentissage commun. Nous sommes également en train de préparer un colloque, mon collègue Christophe Chalamet et moi, en collaboration avec le Père Job et le prof. Delikostantis, sur l’anthropologie de Martin Luther, pour le jubilé de la Réforme. Parler de Luther revient aussi à retrouver les accents des Pères de l’Eglise que le Réformateur voulait retrouver (et pas seulement St Augustin !), et mettre en lumière l’expérience à la base de la théologie, et la vie spirituelle.

Comme certains d’entre vous le savent, l’œcuménisme est mon engagement depuis plus de 25 ans, dans la conviction que nous avons à apprendre mutuellement la langue théologique les uns des autres pour surmonter nos préjugés ou nos idées « sur l’autre ». La connaissance aide à approfondir les liens qui nous unissent, autour de la foi trinitaire que fondamentalement nous partageons. J’ai suffisamment participé à des rencontres du COE et de la KEK pour mesurer à quel point l’apport de la théologie orthodoxe a ouvert des horizons aux autres Eglises, et il nous faut poursuivre cette ouverture qui est la vocation de votre Institut.

Nous avons eu hier le Dies academicus de l’UNIGE, placé sous le thème du courage. Le courage nous est nécessaire aussi dans l’oecuménisme. Plus que jamais il nous faut résister à la montée des intégrismes, des communautarismes et des peurs, répondre avec intelligence et espérance aux fanatismes et au terrorisme. Notre tâche commune est belle : la formation intellectuelle, spirituelle, humaine et le rayonnement de l’Evangile, dans nos divers pays, marqué de tant de difficultés et même de violence.

Courage, conviction, et communication mutuelle nous sont nécessaires, il nous faut pour cela demander le secours de l’Esprit saint non seulement pour notre propre Eglises mais pour celle du Seigneur tout entière. Ce que nous pouvons nous offrir de meilleur les uns aux autres est la qualité de notre recherche théologique, la conviction de nos engagements, la force spirituelle de nos célébrations.

Je souhaite aux étudiants de pouvoir grandir à leur pleine stature de théologiens, pour pouvoir vous mettre au service de votre Eglise. Pour la gloire de Dieu et au service du monde qui nous entoure.

Elisabeth Parmentier, Vice-Doyenne
Faculté de théologie protestante, Université de Genève